HORIZONS PROCHES
Axelle Rioult
Musée des Beaux-Arts de Caen
Du 7 septembre au 7 novembre 2021

Some image

Après Claire Soulard, Pascal Casson et Thibaut Bellière, c'est au tour d'Axelle Rioult de s'emparer du hall du musée pour présenter son projet en cours :

De nouvelles pratiques d’expérimentation de la reliance nous offrent la possibilité de ressentir l’appartenance à l’univers, à cet ensemble qui nous dépasse. Il ne s’agit pas ici de religion ou de métaphysique mais de profondeur ontologique dans laquelle s’enracine le « sentiment » du sacré. J’ai assisté cet été à une expérience simple et en même temps politique : j’ai regardé des femmes traverser un pont, en conscience pour pénétrer dans une forêt, que l’intervenante proposait comme étant sacrée. Leur expression m’a saisie : le silence était profond, la qualité de présence aussi. Et je me suis demandée comment se dérouleraient des assemblées décisionnaires sur des choix concernant notre avenir d’humain, avec ce sens du sacré... Une traversée d’un espace-tam­pon pour prendre une distance avec le quotidien, et prendre conscience d’un autre monde sensible, s’y engager en humilité et en responsabilité d’un intérêt commun à préserver. Ici la notion de sacré y est à expérimenter, hors dogme, libre et intérieur.

Après ces mois de sidération vécus pendant le premier confinement, c’est la piste que j’ai continué d’explorer. J’ai photographié des femmes ou performé moi-même des rituels de passage incarnés en relation avec le vivant dans la forêt. J’emmène les femmes vers la nudité, quand le temps le permet, sans protection et sans distance physique avec les ma­tières, et cela permet des perceptions inédites de soi, de son corps, du monde, au-delà des premières appréhensions ou des ambivalences. Il peut y être question d’une forme d’oubli de Soi, d’ensauvagement et/ou de sacré. Faire connaître la forêt, donc possiblement l’aimer, par l’expérience, la sensation et la représentation artistique et non par le mental, ou une connaissance uniquement naturaliste. En saisir la beauté vitale et fragile.

Le projet pose aussi la question d’un regard artistique posé sur le corps de la femme et sur le vivant. Dans la peinture occidentale jusqu’à la fin du XIXe siècle, le peintre y « pose » son modèle féminin mythologique, religieux, puis pro­fane, offert, souvent fragile, au désir. Des femmes performeuses, dès les années 70 se sont affranchies de ce protocole dominant : telles Ana Mendieta, Hannah Wilke, Francesca Woodman, Alix Cléo Roubaud, Helena Almeida... Le corps de la femme s’y joue et se représente en dehors du regard dominant et idéalisant. La question reste ouverte.

Rencontre avec l'artiste
dans les collections du musée

14 février 2022 à 13h


Stage photographique
“ Le corps dans le paysage ”


À partir de l’observation des collections du musée, tantôt photographe, tantôt modèle, vous partez à la découverte de la photographie dans le parc du château. Au-delà des questions de cadrage et de lumière, l’artiste porte votre attention sur votre regard, votre rapport au naturel, au sauvage et au vivant qui peuple ce milieu.

Stages de deux demi-journées consécutives
Tarif : 16€, les 2 séances
Réservation : mba-reservation@caen.fr

Adulte
Munissez-vous d’un appareil photo
et si possible d’un ordinateur
14 et 15 mai 2022 de 10h à 13h


Adolescent
Venez avec votre téléphone portable
et si possible d’un ordinateur
14 et 15 mai 2022 de 14h à 17h

 

Télécharger le fichier pdf